dimanche 9 octobre 2016

Los Monos; refuge d'animaux à Puyo!



Entre les deux volontariats, nous prenons trois jours pour profiter de la ville de Banos, de tous ces attraits autour de la nature et des activités sportives. Je reviendrais un peu plus longuement sur ceux-ci, dans le prochain article du blog, consacré à nos visites de différents lieux en Equateur continental.

En ce 28 Mai, nous arrivons au refuge des animaux, qui se trouve, près de la ville de Puyo. Ce dernier a été créé en 2007, par Yvan Bouvier et sa compagne Véronique Grand, qui est depuis parti. De nationalité Suisse, et après avoir vécu depuis 2002 à Puyo, ils décident de créer la fondation suisse-équatorienne «Los Monos, Selva y vida» (Les singes, jungle et vie). L’idée est simple;  se consacrer  à la conservation de la faune, de la flore et des traditions indigènes amazoniennes. Au jour d’aujourd’hui, l’idée principale est de sauver les animaux qui peuvent encore l’être, malgré la destruction d’une grande partie de l’écosystème équatorien. La déforestation est une catastrophe pour l’Amazonie et les animaux qui y vivent. Malheureusement, l’environnement n’est pas la principale préoccupation du gouvernement, qui tente d’exploiter un maximum de ressources naturelles et donnent des autorisations non contrôlées, pour augmenter la domination des activités humaines sur l’ensemble de son territoire. Après seulement quelques années d’exploitations intensives de cette partie du pays, la forêt amazonienne est en grand danger.

L’idée principale de ce centre fut au début de se considérer comme un centre de réhabilitation puis de libération. Ils ont récupérer et récupèrent encore des animaux, principalement des singes qui ont été élevés comme des animaux domestiques, puis laissés à l’abandon. Beaucoup d’entre-eux ont été maltraités, parfois gravement. Il y a aussi les animaux qui ont été retrouvés blessés, en pleine nature, souvent en raison de pièges de braconniers. Il y a aussi les orphelins qui ont perdus leurs parents pour telle ou telle raison et qui ne pouvait pas encore vive indépendamment dans la nature… De multiples raisons font que ces animaux ont pu être adoptés, dans ce centre, après qu’ils y aient été emmenés. Le projet était donc de les soigner, de leur procurer les besoins primaires et d’étudier ensuite la possibilité de les relâcher en nature. Mais l’aboutissement de ce cycle complet semble vraiment incertain. En effet la disparition de leur habitat naturel complique grandement leurs réintroductions, pour qu’ils puissent survivre dans le temps. Ensuite, beaucoup n’ont jamais connu la vie sauvage. Ils ont toujours eu besoin des hommes pour subvenir à leurs besoins primaires. Ce n’est pas sûr, que seuls leurs instincts primaires leur suffisent pour chasser, se nourrir et savoir où en trouver. Un projet de plus grands ampleurs serait d’obtenir un terrain dans une réserve naturel et assurer un suivi important avant, pendant et après la réintroduction de chaque animal. Mais pour la réussite d’une telle mission, il faudrait un appui important des autorités locales et le soulèvement de fonds très importants. «El Paseo de Los Monos» comme le conçoit Yvan verra-t-il un jour son avènement?



Nous savons en tout cas, en arrivant, que cette fondation est très loin de cet objectif ultime. Elle doit se contenter, pour survivre, des visites touristiques dans ces locaux mais aussi des volontaires qui paient une certaine somme, assez importante.  En effet, en comparaison avec ce que nous avions vu dans le reste du pays et suite à l’expérience avec Ahuana, nous ne comprenons pas vraiment ce différentiel. Mais nous étions vraiment tentés par cette expérience, surtout que nous avions eu de très bons échos de volontaires qui avaient faits des missions auparavant sur place. Nous n’avions pourtant pas tous les éléments à notre connaissance pour savoir ce qui nous attendait. Ces volontaires sont venus quelques années auparavant, quand la femme d’Yvan était encore présente. Nous n’avons pas eu de retours très récents. Quelques brides d’informations reçues par Ophélie, qui travaille pour l’Alliance Française, ne sont pas si réjouissantes que cela. Nous avons un engagement. Nous voulons le tenir et aller voir par nous-même. De plus, nous aimons vraiment l’idée et le concept de ce refuge. Nous aimerions aider des animaux, leur apporter notre aide en espérant qu’un jour ils puissent retourner dans leur habitat naturel. Mais que nous réserve ce temps passé dans ce centre?

Nous avons très rapidement les premiers éléments de réponse. Quand nous arrivons, un des deux employés équatoriens de l’association nous reçoit. Il nous mène dans la maison qui trône au milieu du parc, où sont concentrés les animaux. Nous faisons la connaissance de Samantha et Keran, qui étaient seulement venus pour visiter les lieux après une recommandation d’amis et qui finalement restent quelques jours avant de continuer leurs périples. Nous rencontrons aussi Rémy, français, lui aussi, qui aura passé en tout 15 jours sur place et qui s’apprête à repartir. Ces personnes sont sympathiques même si j’ai l’impression que nous ne vivons pas vraiment dans le même monde. Rémy, par exemple, nous montera par la suite de nombreuses qualités. Mais au premier abord, rien ne semble le présager. Nous arrivons dans une maison désordonnée, sale,… Elle est, qui plus est, en pleine forêt. L’humidité y est très forte. 



La chambre qu’Yvan nous offre est sale. Il y a pleins de terre, de crotte d’animaux. Pourtant, nous n’avons pas encore vu le pire des cauchemars pour Lucie. Nous ne savons pas trop comment analyser la situation mais la première impression est très spéciale. Nous commençons plus ou moins directement par du ménage dans la maison en passant le balai et la serpillière. Ce n’est pas vraiment ce que nous avions prévus de faire pour aider les animaux. Ensuite, il nous parle du projet d’actualité; la construction d’une cage pour un petit singe nocturne dénommé Kinki. Cette cage est faite  à l’aide de fils métalliques entrelacés. Je veux bien aider pour finaliser cette cage, mais je ne suis pas sûr que cela passionne Lucie. Qui plus est, j’aimerais plutôt les aider à sortir de leur emprisonnement plutôt que dans créer un nouveau pour eux. Nous sentons tout de suite qu’Yvan est une personne singulière. Ce mot semble contenir de très bons côtés, avec une passion pour les animaux et leur sauvegarde, mais d’un autre côté aussi, un aspect pervers, narcissique, avec peu d’empathie, pour ne pas mâcher mes mots. Il semble totalement décaler de la réalité de notre monde. Il ne tient pas compte des besoins des personnes qui viennent lui porter un coup de main… Pourtant, nous n’allons tout de même pas partir en courant. Nous nous laissons quelques jours pour essayer de jauger la situation. Nous voulons mettre en valeur les aspects positifs de cette association.



En faisant le tour du propriétaire, nous prenons conscience, d’ores et déjà, de la beauté des lieux. Los Monos se trouve au bord d’une magnifique forêt. Le centre est délimité par un très beau court d’eau. La plupart des animaux vivent dans ces enclos semi-ouverts, avec de petites barrières électrifiées. Ils pourraient sans soucis les franchir, s’ils en avaient vraiment envie. La plupart des singes ont accès aux arbres dans leurs enclos. Ils vivent en groupe et peuvent continuer de créer ces clans si importants pour eux. Il y a plus de 190 pensionnaires dans ce centre. Tous ne sont pas des singes! Il y a aussi un petit félin, des cochons sauvages, des serpents et d’autres mammifères de petites tailles, originaires des forêts du pays.

Avec Samantha, Lucie se voit octroyer une tâche compliqué, totalement en dehors de ces compétences, de leurs compétences! Sissa est une femelle singe, un singe laineux ou Lagothrix.  Elle est tombée malade quelques jours auparavant. Le centre possède un local spécial dédié à l’isolement des animaux malades. Mais Yvan ne respecte aucune règle. Il a décidé qu’un dortoir lui est consacré. Elle est installée dans un lit dans une couverture. Il ne prend pas le temps de s’occuper d’elle. Il ne veut pas faire appel à un vétérinaire. Il dit que ces derniers n’ont jamais fait du bon travail et qu’ils n’ont pas de solutions à ce problème… Il demande à Samantha et Lucie d’utiliser leur instinct maternel (même si elles n’ont jamais eu d’enfants toutes les deux). Elles tombent toutes les deux des nues mais elles vont essayer tout ce qu’elles peuvent, pour aider ce petit être meurtri dans sa chair. Quand nous voyons Sissa, pour la première fois, dans sa chambre, nous prenons conscience de son état très grave. Elle est tellement affaiblie, qu’elle a du mal à bouger ou même à ouvrir les yeux. Les filles essayeront de lui offrir des soins palliatifs les plus appropriés, pour éviter les douleurs, et avec le peu de moyen à leurs dispositions. Malgré la chaleur, elle semble frigorifiée. Les filles chauffent une bouillote et elle lui installe sous le corps. Elle recouvre Sissa de plusieurs couvertures. Elles lui donnent aussi à manger avec une pipette, malgré qu’elle régurgite la plupart de la nourriture avalée. Cette situation va grandement affectée ces deux personnes très sensibles qui sont à son chevet. Elles passent des heures et de heures, près d’elle, dès la première journée. Elles voient alors son état de détériorer. C’est déjà difficile, pour moi, d’assumer cette situation en ne faisant que quelques brefs passages près de Sissa. Je n’ose pas imaginer la difficulté pour Samantha et Lucie, qui n’ont jamais été confrontées à de l’accompagnement palliatif. Elle est mourante. Elle a de nombreux comportements, comparables à un être humain, ce qui rend la mission encore plus difficile pour les filles…

Lucie ne va pas très bien dormir. Sissa ne sera pas son seul «souci» de la soirée. Après avoir mangé, avoir eu pleins de discussions intéressantes autour de la table, nous allons dans notre chambre. Le pire cauchemar pour Lucie est alors en place. Sur le plafond, des dizaines de cafards grouillent. Ils se déplacent le long des poutres en bois. Sachant la réputation de ces derniers et l’horreur qu’en a Lucie, nous ne pouvons pas rester dans cette situation. Encore une fois, Lucie fait face à quelque chose qu’elle déteste. Malgré ce vrai calvaire, elle garde son sang-froid. Elle ne part pas en courant. Elle propose même très vite une solution alternative. Elle me dit que nous pourrions mettre la tente sur le lit. Solution très astucieuse pour garder le confort du lit, tout en ayant une protection contre les cafards qui pourraient venir nous chatouiller les oreilles pendant la nuit. Une fois la tente installée, nous pourrons nous endormir! Nous ne savons pas, avec tout ce que nous avons découvert, si nous allons pouvoir tenir aussi longtemps que nous l’avions envisagé.

Pourtant, nous sommes presque contents de nous réveiller le matin de voir que la tente a été hermétique et que les cafards ont un peu disparus, au moins de notre champ de vision.  Cette journée semblera comme un vrai éclairci, après le sombre tableau que nous avons pu dresser la veille. Sissa semble soudainement en rédemption. Elle semble reprendre des forces. Elle peut presque bouger le haut de son corps de façon autonome. Elle va même manger des fruits, en cette matinée, en utilisant sa main. C’est vraiment agréable d’un point de vue visuel mais cela sera-t-il suffisant pour qu’elle guérisse?

Suite à cela, nous préparons la nourriture pour tous les autres animaux avec l’employé de la fondation. Puis nous faisons la distribution auprès de chacun d’eux en prenant notre temps, en leur parlant, en communiquant avec eux. Nous respectons un certain protocole pour être sûr que chacun des animaux dans l’enclos aura le droit à sa part. C’est incroyable de voir parfois la ressemblance dans leur comportement avec ceux des êtres humains. Dans les meilleurs aspects comme dans les pires, tels que la cupidité ou l’égoïsme et l’individualisme. Certains se jettent  sur la nourriture et prennent ce qu’ils préfèrent, comme les cacahuètes et certains fruits, puis partent en courant en protégeant leur acquisition. D’autres dévorent leur plat en moins de quelques secondes. C’est intéressant de voir aussi comment le félin joue avec le poulet que l’on vient de lui jeter vivant, avant de le tuer définitivement, puis de le dévorer.

Nous essayons d’établir le plus de contact avec ces animaux. C’est drôle de voir que certains montrent leurs dents. Ils sont impressionnants. Ils semblent menaçants. Ils seront souvent et finalement les animaux les plus dociles et les plus sympathiques. Comme quoi, il est parfois difficile d’analyser certains comportements quand on ne connait pas le mode de fonctionnement de l’être qui se trouve face à nous…



Pendant que Lucie continue d’assister Sissa dans sa réminiscence, je continue de travailler sur la cage de Kinki. Je finalise la partie qui se trouvera à l’intérieur de la maison, au bout du tunnel. Elle l’amènera si elle veut, la nuit, à venir partager un peu de temps avec nous. Pour finaliser la mise en place de cette cage, je rentre par la petite porte que j’ai aménagée. Elle servira, par la suite, à introduire sa nourriture. Cette image est assez marrante, car c’est alors moi l’animal en cage, dans un espace très restreint. Bizarrement pour une fois, je ne m’y sens pas si mal que cela. Alors que je suis heureux de finir une partie du travail que les autres ont commencé, plusieurs jours auparavant, Samantha et Lucie nous apportent, à table, une mauvaise nouvelle. Sissa est de nouveau mal en point. Elles sont inquiètes pour elle, mais Yvan semble impuissant, même détaché je dirais.   

En ce début de soirée, Yvan part avec Rémy, pour son dernier jour, pour réaliser une troisième et dernière séance Ayahuasca. La description que m’en fera Rémy me fait dire que c’est sûrement une séance d’un charlatan. Car, on ne fait pas normalement une expérience de ce type en si peu de temps, sans préparation,… Mais une fois encore, je ne me permettrais pas de juger sans avoir expérimenté cela avec lui, et en n’ayant qu’une expérience de la sorte, quelques années auparavant, dans un petit village de la forêt amazonienne péruvienne. Nous passons une bonne soirée avec Samantha et Keran. Nous parlons de voyage, de projets, de la vie dans ce monde un peu fou!



Le lendemain, je pars avec Yvan pour faire le réapprovisionnement de masse des fruits et légumes principalement. Nous partons pour Ambato; ville principale de la région, le long de la panaméricaine, qui coupe le pays. Cette route est surnommée dans la portion, qui traverse le pays; l’allée des volcans.  Avant le départ, j’ai une surprise de taille. Je peux admirer le volcan Sangay totalement dégagé. Culminant à 5230 mètres d’altitude, avec son cône supérieur recouvert de neige, il est splendide! Ce qui encore plus surprenant, c’est qu’il est actuellement encore en activité. Lors de cette journée dégagée, je peux admirer de nombreux sommets, surtout après Banos et après que nous ayons déposés Rémy dans cette ville. Cette partie du pays est exceptionnelle.



C’est intéressant de voir l’envers du décor, de voir qu’il utilise encore le contact d’un équatorien. Ce dernier vient avec lui au marché. C’est lui qui négocie les meilleurs prix pour tout ce qu’il veut acheter. Comme quoi, malgré les années dans un pays, il est toujours difficile de s’intégrer totalement et de pouvoir prétendre aux mêmes choses que les locaux natifs… Je passe un très bon moment à leurs côtés, à les aider. C’est toujours intéressant d’être plongé dans un endroit très important de la vie locale et de n’être qu’avec des habitants du pays, qui voient rarement d’étrangers.



Sur le chemin retour, je tiens à lui exprimer certaines incompréhensions, certains mécontentements, certaines désillusions concernant l’association, les missions, la santé des animaux, les conditions de vie pour les volontaires, le prix à payer, qui selon nous n’est pas justifié,… Yvan fera la sourde oreille en réponse aux différents arguments que je lui présente. Il esquive toujours la réponse, la détourne, ou justifie tel ou tel chose avec des réponses qui, de mon point de vue, ne tiennent pas la route. Il ne semble pas vouloir se remettre en cause, n’y remettre en cause la façon de faire de diriger la fondation dont il est le seul décisionnaire. L’idéologie du projet est louable. Le rêve de sauver ces animaux, de pouvoir les réintroduire dans leur milieu naturel est important pour la sauvegarder de notre planète et de sa biodiversité. Mais la façon de tendre vers sa réalisation n’est pas bonne. Les chances de voir ce projet se concrétiser de mon point de vue sont utopistes, voire quasi nulles…



Ce que je pense va malheureusement se vérifier d’une façon mortuaire en cette matinée. Dès que nous rentrons,  Lucie et Samantha nous annonce que Sissa est morte pendant la nuit. C’est une peine immense pour tous. Etrangement c’est peut-être Yvan, qui semble le moins s’en préoccuper. Il nous dira simplement qu’il devra l’emmener chez un vétérinaire spécialisé dans les animaux sauvages pour essayer de déterminer les causes de cette maladie, qui l’a emmené à la fin de sa vie. Les résultats reçus quelques jours plus tard ne détectent aucune maladie connue à ce jour chez les singes. Poussant un peu Yvan dans ces retranchements, j’apprends que Sissa n’est pas la première femelle, singe laineuse, en captivité, à s’éteindre beaucoup plus jeune qu’elle aurait dû (avant même la moitié d’une vie d’un singe de cette espèce). En tirant un peu sur les ficelles, une des causes présumées pourrait être une dépression. Ces singes, comme leur grand frère les gorilles de montagne (aucun n’a jamais encore survécu dans une cage plusieurs mois), ne supporteraient peut-être pas leur vie sur un territoire restreint régi par les hommes. La captivité serait pour eux insupportables. Ils préfèrent alors à un certain moment se laisser mourir. Beaucoup de ces singes vivent entre ces murs et cela nous attriste alors encore plus. Même si ce n’est qu’une hypothèse, je ne suis pas vraiment, nous ne sommes plus vraiment, en accord avec ce qui se passe au «Paseo de los monos».



Lors de la journée, en nous occupant du mieux possible des animaux, nous discutons avec Lucie de la situation. Nous avons pris le temps de réfléchir, de tester, d’exprimer ce que nous ressentions et dire ce qui est négatif mais nous avons le sentiment que rien ne changera. Voulant tenir nos engagements, nous resterons le temps de finir la mission en cours; la cage de Kinki. Nous pensons aussi réduire significativement notre temps de présence sur place, car nous ne croyons pas, que nos actions futures pourront avoir un impact positif. Nous ne sommes plus sûrs, que ce refuge soit le meilleur lieu de vie pour eux. Surtout que leur chance d’être relâchée est quasi-inexistante. Ce n’est pas le fait d’avoir récupérer la chambre où dormait Samantha et Keran, dans la partie «non infectée» de la maison qui pourrait y changer quelque chose. Surtout que la première soirée, seul tous les deux, avec Yvan est étrange. Une atmosphère particulière règne. Lors d’un « face-à-face», certains comportements et aspects de la personnalité sont amplifiés. Certains côtés d’Yvan peuvent presque faire peur. La mygale, qui rentre dans le salon, rend encore un peu plus imagé la situation.




Le lendemain, au réveil, après une nuit un peu plus tranquille, je me permets de laisser Lucie seul dans la maison alors que je pars courir. Depuis Puyo, je peux admirer de magnifiques paysages dont le volcan; El Altar, qui domine la région. Je passe un très bon moment dans les petits chemins, le long de la route. Je rentre pourtant totalement détremper. L’ambiance n’est pas au beau fixe, même entre nous avec Lucie. Nous traversons encore un moment un peu difficile. Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Le manque de discussions, une communication que nous essayons d’entretenir mais qui n’est pas toujours la meilleure entre nous deux, un peu de fatigue et des blocages ridicules, font que nous nous sommes enfermés dans nos peurs plutôt que nous entre-aider.

Nous aurions besoin de rediscuter mais cela ne semble pas vraiment possible en cette journée. Nous vaquons alors, tous les deux, à nos occupations. Lucie fait beaucoup de ménage, prépare les différents repas. Ce n’est pour cela qu’elle était venue. Avec Yvan, je finalise la mise en place de la cage. Je passe aussi du temps, seul, dans la forêt, ou auprès des animaux. C’est aussi le cas pour Lucie. Nous nous accordons tout de même du temps ensemble, nous esquissons quelques sourires et échangeons autour des animaux. C’est le cas, par exemple, autour de la maison.



En fin de journée, je pars, une nouvelle fois, auprès des singes araignées. Ces singes aux membres démesurés, sont d’une incroyable sensibilité. Les femelles particulièrement aiment nous prendre dans les bras. Elles aiment nous faire des câlins pendant de longues minutes. C’est incroyable de voir la complicité que cela crée entre nous même si cela se passe à travers le grillage. Lucie m’y rejoins. Elle vivra, nous vivrons ensemble de beaux moments avec ces singes, dans cette forêt… Pour eux, pour les autres animaux de cette fondation, nous pourrions rester longtemps pour passer du temps à leurs côtés. Mais cela serait alors un peu égoïste car nous ne sommes pas sûrs, voir de plus en plus certains, qu’ils ne sont pas heureux ici.




La soirée est encore spéciale. Elle commence bien car Kinki vient d’intégrer sa cage. Il semble la découvrir avec plaisir. Après avoir fait un tour à travers le tunnel, être allé dans l’endroit où il passera la majorité de son temps, il revient nous voir à travers cette avancée de maillons métalliques. C’est un plaisir de voir qu’il s’y adapte très vite, qu’il mange même directement des fruits. Yvan décide, tout de même, de le remettre dans la maison pour qu’il s’adapte doucement. Yvan a des propos étranges encore ce soir, il joue avec Kinki d’une façon peu décente. Cela nous conforte dans le choix que nous avons faits de partir quelques jours plus tôt que prévu après lui avoir annoncé au cours de la journée. Nous lui reconfirmons cela le soir même. Même si c’est vrai, nous utilisons l’argument que des amis doivent nous rejoindre, à Puyo, plus tôt que prévu. Avec Kassandra, Gaëlle, Alexis et Paul, nous partons dans un village, qui se trouve, un peu plus loin, un peu plus enfoncé, dans la forêt amazonienne.

Cela semble lui faire ni chaud ni froid même s’il nous complimentera sur nos actions et comportements. Je lui transmets toutes les photos que j’ai prises lors de ce séjour. Puis nous allons nous coucher…



Le lendemain nous passons beaucoup de temps avec les animaux. Nous les nourrissons une dernière fois. Nous les prenons dans nos bras, les caressons. Cette expérience n’aura pas répondu à nos espérances. Elle ne se sera pas passée comme nous l’avions envisagé. Mais cela fait partie de la vie, des expériences de voyage. Il y a, tout de même eu, des moments intenses et des instants de vie à jamais gravés dans nos mémoires.



Yvan nous dépose avec sa camionnette dans le centre de Puyo. Nous y prenons une chambre d’hôtel propre, où il sera agréable de se laver et de s’allonger sur un lit doux et sans insectes, grouillant partout autour. Nous décidons même d’aller dans une pizzeria, chaudement recommandée par différentes personnes que nous avons croisées. Ce restaurant est très chic. Les prix sont les mêmes qu’en France, donc excessif pour le pays, mais nous mangerons des pizzas succulentes, comme j’ai rarement eu l’occasion d’en déguster en dehors de l’Italie. Puis nous regagnons notre lit pour y passer une bonne nuit.



Nous attaquerons alors un peu plus en forme la dernière partie de notre voyage. Le temps passe et des impératifs vont bientôt nous faire rentrer en France!


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